|
|
Mgr Pierre-Jean-François Percin de Montgaillard
|
|
Docteur en Sorbonne, et abbé de Saint-Marcel au diocèse de Cahors, il est promu à l'évêché de Saint-Pons en avril 1664, succédant à Mgr Tuboeuf. Mgr Percin de Montgaillard est sans aucun doute l'évêque de Saint-Pons le plus remarquable. Son long épiscopat est marqué par les réalisations charitables qu'il entreprend dans son diocèse, par les idées jansénistes qu'il défend vigoureusement et sans relâche dans le royaume et contre le pape, et enfin par son opposition aux violences faites aux protestants par les armées du roi, ce qui lui vaut l'hostilité de Louis XIV.
Dans son diocèse, Mgr Percin de Montgaillard est estimé par ses contemporains comme
"le modèle des évêques et comme l'abrégé de toutes les vertus qui leur conviennent" (Gallia christania). En revanche, il ne parvient pas à s'entendre avec le chapitre de Saint-Pons pour reconstruire le cchœur de la cathédrale, jamais achevé, et en partie détruit lors de l' occupation de la ville par les protestants en 1567. A Saint-Chinian, il s'occupe également de l'administration de l'hôpital, de l'agrandissement de l'église paroissiale; il achète à la famille de Feynes le château, où il réside et qu'il transmet à ses successeurs.
Mgr Percin de Montgaillard est considéré comme un janséniste convaincu.
En 1679, lorsque le pouvoir civil supprime le noviciat de Port-Royal (tenu par les jansénistes), Mgr de Montgaillard témoigne son soutien à la mère abbesse Angélique .
Plus tard le 6 avril 1708 parait la bulle du pape Clément XI qui supprime Port-Royal des Champs et qui entraîne sa
démolition .
Toutefois à la fin de sa vie, en 1711, il parait rejetter le jansénisme et écrit notamment au pape "je le prononce cet
anathème
nommément contre les propositions de Jansenius".
Après la révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, l'évêque de Saint-Pons s'élève également contre la répression des
protestants. Il s'oppose aux conversions forcées de protestants dans son diocèse (voir
la situation dans le Saint-Ponais
à cette période).
Plus tard il s'inquiète des violences contre les réformés dans les Cévennes : Ainsi lors de l'assemblée des Etats de Languedoc, en 1702, il proteste contre "la rigueur qu'on exerçait envers les revoltez hugenotz en grand nombre dans les Cévennes", en indiquant "qu'il falloit en agir d'une autre manière". Pour toutes ces raisons, Louis XIV ne l'apprécie pas et dit de lui : "Il est d'une sorte de gens qui ne me plaisent pas [...] Je trouve toujours cet homme là en mon chemin lorsqu'il s'agit de mon service" . Il s'ensuit plusieurs lettres de cachets, interdisant à l'évêque de sortir du diocèse et de présider certaines assemblées.
Mgr Percin de Montgaillard est décédé dans son château de Saint-Chinian
le 13 mars 1713. "Un saint et grand évêque mourut en ce temps-ci, Montgaillard, évêque de Saint-Pons, que ses vertus épiscopales, son grand savoir, une constante résidence de plus de quarante années, une vie tout apostolique, une patience humble, courageuse, prudente, invincible avaient singulièrement illustré sous la persécution des jésuites qui y engagèrent le roi pendant presque tout son épiscopat." (Mémoires du duc de Saint-Simon) Mgr de Crillon, un très jeune évêque lui succède. |